Climat : engagement des médias et des journalistes vers des solutions

L’engagement des médias et des journalistes pour le climat est l’un des sujets en débat dans le cadre de la 14ème édition des assises internationales du journalisme lancée ce jeudi 29 septembre, à Tours. En marge des conférences déroulées, nous nous sommes entretenus avec des journalistes autour de cet aspect particulièrement pertinent.

« En tant que médias, nous avons la responsabilité de donner à voir toutes les clés pour comprendre ce qu’est le réchauffement climatique » , déclare Christelle Leroy, directrice RSE du Groupe TF1. Il y a de plus en plus d’espace consacré à la question du climat, constate celle qui en profite pour mettre en avant l’engagement de TF1 pour le climat : « on s’est engagés publiquement à réduire notre impact carbone de 30% à l’horizon 2030 ». En vertu de cela, la chaine de télévision privée se focalise sur quatre chantiers prioritaires :  les coproductions, le numérique responsable, les mobilités douces et les achats responsables.

Par contre, reconnait-elle, l’impact carbone des médias réside essentiellement dans les contenus proposés et les supports utilisés. C’est en ce sens que TF1 mise sur la multiplication des canaux de communication sur le sujet. De plus en plus de rubriques sont conçues afin de mettre en lumière, de manière diversifiée, les enjeux liés au climat, fait-elle savoir.

Des jeunes journalistes expliquent leur engagement pour le climat

Pour Albin Rey et Maxent Foulon, deux primés du concours Jeunes Reporters pour l’environnement, l’engagement consiste à « diffuser la réalité dans notre environnement, nous investir dans la recherche de solutions pour notre environnement » . « On est des jeunes qui parlent aux jeunes », se réjouissent-ils. « L’objectif n’est pas d’avoir un discours moralisateur mais plutôt de dire ce qu’il se passe » , avisent les jeunes reporters. Le « journalisme de solutions » est le type de journalisme qui est adapté aux défis du temps, plaident les jeunes professionnels de l’information qui ne cachent pas leur intérêt pour le numérique.

Le numérique, une solution mise en cause

Tous les outils , dont le numérique impliquent des émissions de carbone, souligne, d’entrée de jeu, Gérald Holubowicz, chef de produit digital. Le numérique et les dispositifs technologiques que cela implique favorise une consommation relativement croissante d’énergie. Cette croissance de consommation énergétique engendre l’augmentation des émissions de CO2. Toutefois, l’impact environnemental du numérique est de plus en plus conséquent. Cet impact se ressent tant au niveau environnemental que sur le plan sociétal, explique-t-il. La multiplication assez remarquable des contenus à très haute résolution risque d’avoir de grandes répercussions sur l’environnement, prévient le journaliste designer. Il faut donc, dés à présent, réfléchir à une stratégie adaptée aux nouvelles technologies qui pointent à l’horizon, préconise-t-il.

Les vertus du podcast au regard du combat pour le climat

Le podcast est un format qui permet un éventail de choses. La pertinence de ce format réside dans le fait qu’il garantit une diffusion assez large et touche plusieurs types de publics mais aussi dans la possibilité de proposer de longs contenus permettant de creuser, de manière conséquente, les choses, avance Christelle Leroy. Le podcast répond à l’intérêt de multiplier les canaux de communication sur les sujets liés au climat, poursuit-elle. Le nombre relativement important de citoyens que l’on pourrait embarquer par le podcast permettrait d’instaurer des comportements vertueux à l’égard du climat, soutient la directrice RSE du Groupe TF1 tout en soulignant la nécessité de former les journalistes sur ces sujets et aux dispositifs modernes de production de contenus.

A la lumière du récent rapport publié par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’intensification des phénomènes météorologiques est à craindre. Dans cette étude, les experts de l’ONU critiquent notre comportement [le comportement humain] qui ne fait que favoriser l’accélération du réchauffement de la planète. Du coup, au rythme actuel, l’objectif que s’était fixé l’accord de Paris de maintenir le réchauffement climatique à moins de 2% semble improbable.

Samira Ouedraogo et Louikens Evariste

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.