TikTok réseau social de partage de vidéo lancée en 2016. Une américaine sauvée grâce à un geste appris sur l'application TikTok. Ⓒ Pixabay

Une américaine sauvée grâce à un geste appris sur l'application TikTok. Ⓒ Pixabay

Réseaux sociaux : un geste appris sur TikTok sauve une jeune américaine

Une adolescente de 16 ans portée disparue a attiré l’attention d’un automobiliste grâce à un geste devenu viral sur l’application TikTok. Une manière pour les victimes de violences d’alerter sans éveiller les soupçons.

Les réseaux sociaux peuvent sauver des vies. Une adolescente de 16 ans, originaire d’Asheville en Caroline du Nord (Etats-Unis), était portée disparue depuis le 2 novembre. La jeune fille avait été enlevée par un homme âgé de 61 ans qui l’a emmené dans sa voiture, de la Caroline du Nord en passant par le Tennessee et l’Ohio jusqu’au Kentucky, comme le rapporte le communiqué publié par le bureau du shérif du comté de Laurel.

Le 5 novembre, sur une autoroute de l’Etat du Kentucky, un automobiliste observe une scène étrange. Une jeune fille à l’arrière d’un véhicule effectue un curieux geste : elle lève la paume de sa main, replie son pouce à l’intérieur puis ferme le poing. Le conducteur reconnaît cet appel à l’aide popularisé sur l’application TikTok et note que l’adolescente semble «être en détresse ».

L’automobiliste alerte les autorités locales tout en continuant de suivre le véhicule suspect pendant 11 kilomètres et « en informant la police au fur et à mesure ». Peu de temps après, une patrouille intercepte la voiture qui transporte l’adolescente. En contrôlant son identité, les policiers apprennent que la jeune passagère est portée disparue depuis deux jours.

Son ravisseur, James Herbert Brick, originaire de Caroline du Nord, est interpellé et inculpé pour enlèvement, séquestration et possession d’image à caractère sexuel impliquant un mineur de plus de 12 ans mais de moins de 18 ans, à la suite de découvertes sur son téléphone. Il est incarcéré et sa caution est fixée à 10 000 dollars.

« Communique avec moi de façon sécuritaire »

Sur la chaîne de télévision américaine ABC, le shérif John Root a fait une démonstration de ce signe. L’objectif : permettre aux victimes de violences domestiques ou conjugales d’alerter discrètement sans éveiller les soupçons de l’agresseur.

Cet appel à l’aide a été inventé par la Fondation Canadienne des Femmes (Canadian Women’s Foundation) en juin 2020, en pleine pandémie de Covid-19. Selon la Fondation, les confinements successifs ont contribué à isoler les personnes victimes de violences conjugales et domestiques.

Les mesures d’isolement dû à la pandémie de Covid-19 ont compromis « les chances des personnes, qui courent le risque de subir des actes de maltraitance ou de violence, de demander de l’aide de façon sécuritaire », indique l’institut.

Pour la Fondation Canadienne des Femmes, ce signal signifie : « Communique avec moi de façon sécuritaire ». L’organisme précise que ce geste est une invitation à entrer en contact avec la personne qui l’effectue, sans forcément prévenir les autorités.

Le geste a été popularisé à travers le monde grâce aux réseaux sociaux et à l’hashtag #SignalForHelp. De nombreux utilisateurs de TikTok l’ont repris et ont communiqué autour afin de le faire connaître au plus grand nombre d’utilisateurs.

Ce n’est pas la première fois que des gestes discrets sont élaborés pour aider les victimes de violences. En septembre 2015 est né le « Black Dot Campaign » consistant à dessiner un point noir dans la paume de sa main pour exprimer : « Je suis victime, j’ai besoin d’aide et il est difficile pour moi d’en parler librement ». Ce signal discret a été lancé anonymement sur Facebook par une ancienne victime de violences conjugales.

En France, ce geste existe depuis 2017 sous le nom de « Point Noir ». Le signal a fait l’objet d’une campagne soutenue par des anonymes, des personnalités comme Marlène Schiappa et Caroline de Maigret mais également par des organismes comme l’association Femmes Huissiers de Justice de France.

Toutefois, les critiques sont nombreuses. Certains estiment qu’un signe aussi discret peut mettre en danger les victimes si les agresseurs tombent sur l’information sur Internet. D’autres pensent que ces gestes ne sont pas assez visibles et peuvent être mal interprétés.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.