Morts pour le climat, enquête chez les nouveaux journalistes de “guerre”

En dix ans, vingt journalistes ont été tués pour avoir mis en lumière les problématiques environnementales. Toujours plus en danger, cinquante ont subi des violations de liberté de la presse en cinq ans .

Le courage des reporters de guerre fait consensus mais aujourd’hui les journalistes environnementaux bravent eux aussi tous les dangers. « Mafia du sable », déforestations, algues vertes, pollution, élevages intensifs, expropriations de peuples indigènes, … les sujets sont multiples. Les intérêts économiques et politiques de grands groupes privés et de collectivités ou gouvernements les poussent à faire taire les journaliste.

Des pays inégaux face aux risques

Les Philippines, la Birmanie, le Mexique, l’Inde et la Colombie détiennent le triste record du plus grand nombre de journalistes environnementaux assassinés.

Lors d’un reportage en Australie, le journaliste Hugo Clément et son équipe ont passé une journée en garde à vue pour avoir filmé des militants qui empêchaient la création de la plus grande exploitation de charbon au monde. Ils ont été libérés après signature d’un contrat leur interdisant d’approcher à moins de 20 kilomètres de la zone. Les manifestants, eux, n’ont pas été inquiétés. 

Journaliste de guerre ou journaliste environnemental ?

Un parallèle peut être fait entre ces deux types de journalisme. Le titre même du livre d’Hugo Clément Journal de guerre écologique et l’émission Sur le front empruntent la sémantique de la guerre. Nul besoin de se rendre sur des zones de conflit pour se sentir en danger, cet état de fait, la journaliste Morgan Large menacée jusqu’à son domicile le sais bien.

Journalistes de guerre comme journalistes environnementaux, ils sont sur le terrain pour donner à voir les réalités du monde. Réalités qui, parfois, dérangent. 

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Qui sont les journalistes environnementaux morts pour avoir exercés leur métier ?

Shubham Mani Tripathi a été abattu par six balles le 19 juin 2020. Il était correspondant pour un quotidien indien et enquêtait sur les trafics de sable. Il avait fait part sur Facebook quelque temps auparavant de sa peur d’être assassiné.

Maria Efigenia Vasquez Astudillo est morte en octobre 2017. Elle était journaliste pour une radio bénévole abordant les problématiques liées aux terres de la communauté autochtone de Kokonuko en Colombie. Elle a été tué lors d’une confrontation entre cette communauté et les forces de l’ordre.

Muhammad Yusuf est mort en 2018. Après avoir révélé des expropriations illégales perpétrées par une société de production d’huile de palme en Indonésie, il a été emprisonné et est mort en détention. Son corps portait des traces de coups à la nuque.

Abelardo Liz est mort en août 2020. Il était journaliste pour une radio indigène colombienne qui couvrait les conflits liés à la privatisation des terres dans la région de Corinto. Il est mort lors d’une manifestation indigène.

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Bérangère Duquenne et Léna Saint Jalmes

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.