L'association Atout Commerce accompagne et soutient les artisans et commerçants de l'Ouest Rhodanien. DR

Face au confinement, les commerçants se réinventent

Le mercredi 28 octobre dernier, l’annonce d’un second confinement a provoqué l’exaspération des commerçants. L’inquiétude a ensuite laissé place à la recherche de solutions pour s’adapter à cette situation inédite.

Le discours du président de la République, Emmanuel Macron, était attendu le mercredi 28 octobre dernier. La sentence est tombée, les petits commerçants devaient une nouvelle fois mettre en pause leur activité, tandis que les fêtes de fin d’année et les achats qui vont avec approchaient à grands pas. Heureusement, l’expérience du premier confinement leur a permis de mieux appréhender cette nouvelle épreuve. Chacun a redoublé d’ingéniosité et d’efforts pour ne pas sombrer et maintenir à flots son affaire, mais ce n’est pas chose aisée selon son secteur d’activité. Aurélie, gérante d’un salon de coiffure à Tarare, se confie : « j’ai réagi de manière compréhensive au début mais j’avoue ne pas avoir trop compris pourquoi nous n’aurions pas pu ouvrir plus tôt avec les règles sanitaires actuelles ». Pour garder le lien avec sa clientèle, la patronne s’est résolue à explorer d’autres champs d’action : « j’ai essayé la vente de produits capillaires et de coloration mais c’était plus de l’aide et du conseil aux clients car financièrement je n’ai rien gagné ».

Des finances mises à mal

Au-delà de la déception de ne pas pouvoir exercer son métier, Aurélie s’inquiète surtout de l’état de ses finances, déjà bien amputées par presque trois mois d’inactivité lors du premier confinement. En rendez-vous avec son comptable lors de notre premier échange, Aurélie tempère néanmoins sa situation : « ma situation financière reste bonne, j’espère quand même éviter un troisième confinement car le chiffre d’affaires ne serait vraiment pas bon et je devrai piocher beaucoup trop dans la trésorerie ». Pour Géraldine, gérante d’un magasin de jouets et de jeux situé à Amplepuis, la fermeture de son commerce pendant le mois de novembre, l’un des plus prolifiques de l’année, s’annonçait problématique : « Je réalise 50% de mon chiffre d’affaires annuel sur les mois de novembre et décembre », précise-t-elle. Grâce notamment à l’expérience du mois de mars, elle a mis en place un dispositif efficace pour maintenir un semblant d’activité, sans le contact humain qu’elle chérit tant.

Cap sur le digital !

Faute de pouvoir recevoir ses clients en magasin, la commerçante est passée au digital. « J’ai publié de nombreuses photos de mes produits sur les réseaux sociaux. Et j’ai aussi diffusé environ 5000 flyers par La Poste, expliquant le click and collect » détaille-t-elle. La commerçante s’est aussi alliée à une amie gérante d’une boutique de cadeaux intitulée « la maison de Malou », signe d’une vraie solidarité entre professionnels du secteur. « Nous nous sommes coordonnées pour livrer les produits de l’une et de l’autre aux clients que nous avions en commun. Nous nous sommes aussi réparties des secteurs pour optimiser le temps passé à livrer », explique Géraldine. Cette dernière reconnaît les atouts de la vente en ligne, qui lui a « apporté de nouveaux clients » mais constate aussi le travail que demande la vente à distance : « impossible de gérer à la fois le magasin physique et la vente en ligne seule, il faudrait être au moins deux », conclut-elle.

Atout Commerce joue son rôle

Pendant cette période de confinement, Géraldine a mis à profit son adhésion à l’association Atout Commerce pour utiliser abondamment son drive local. Née en 2018, elle a pour objectif de promouvoir les commerçants et artisans locaux, implantés sur les 31 communes de la Communauté de l’Ouest Rhodanien (COR). Maud Second, l’une des deux salariés de l’association, s’est démenée pour soutenir les 190 commerces membres de l’association pendant cette période difficile : « le drive local sur notre site internet (https://www.atout-commerce.fr/) a été largement développé pour que chacun dispose d’une vitrine numérique et puisse continuer à vendre. Nous avons créé un annuaire pour recenser tous les services de livraison, click and collect mis en place. Un partenariat avec la COR a permis de mutualiser les livraisons des commerçants et nous avons aussi rédigé une synthèse des différentes aides proposées par l’Etat pour faciliter le travail à nos adhérents », détaille-t-elle. Dernièrement, Atout Commerce a aussi publié une vidéo sur son compte Facebook intitulée « nous sommes là », dans laquelle elle met en scène ses adhérents. Elle a déjà récolté plus de 9000 vues.

Steve Damez

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.