L’éducation aux médias pour enseigner la liberté d’expression

La mort de Samuel Paty a mis sur le devant de la scène la difficulté pour certains enseignants d’aborder la liberté d’expression en classe. Pour les aider, les ateliers d’éducation aux médias apportent des outils pédagogiques bien utiles.

Dans le programme de quatrième, le cours d’éducation morale et civique prévoit de « travailler sur la liberté de la presse et la liberté d’expression ». Mais il n’est pas toujours facile pour les professeurs d’aborder ces sujets. Pour continuer à enseigner la liberté d’expression, des ateliers peuvent venir compléter les cours au programme, comme ceux d’éducation aux médias.

Des journalistes pour épauler les professeurs

Pour de nombreux enseignants, trouver les mots justes reste compliqué lorsque des sujets jugés polémiques sont évoqués en classe. Anne, professeure d’Histoire-Géographie dans un collège du centre-ville de Rennes, a abordé le sujet de la liberté d’expression et des réseaux sociaux avec sa classe, mais confie « ne pas toujours savoir comment aborder le sujet ». Elle ne veut pas « prendre parti » mais convient qu’elle a quand même un point de vue précis sur le sujet et que rester objective est compliqué.

Pour aider les enseignants dans leur pédagogie et les suppléer sur ce sujet qu’est la liberté d’expression, l’éducation aux médias occupe une place de plus en plus importante. Marie-Caroline Cabut est journaliste et intervient dans des établissements scolaires du primaire et du secondaire dans le cadre d’ateliers. Elle constate que les demandes des enseignants augmentent pour organiser ce genre d’atelier, « surtout depuis la mort de Samuel Paty ». Et le partenariat semble fonctionner :  « On a des très bons retours de la part des enseignants car on amène le sujet de la liberté d’expression à travers un fait d’actualité comme les attentats de Charlie Hebdo ou un événement qu’ils proposent eux-mêmes. On organise ensuite un débat. Un enseignant n’a pas le temps de faire ça. » En effet, ces ateliers permettent de prendre un temps précis pour aborder ce sujet mais aussi de sortir du cadre formel du programme imposé. Pour elle, le fait que le cours soit dispensé par une personne qui ne relève pas du corps professoral est un avantage et apporte une autre vision : « En tant que journaliste on baigne dans les sujets comme la liberté d’opinion, la liberté d’expression ou le pluralisme. On apporte un regard extérieur au cadre scolaire. »

Former les citoyens de demain

L’objectif de ces ateliers d’éducation aux médias est aussi de former les élèves à prendre en compte la parole des autres, de les amener à être dans le dialogue, dans le débat. Pour Marie-Caroline, il s’agit également de les informer sur le rôle du journaliste : « On leur explique que le journalisme ce n’est pas exprimer une opinion personnelle, mais que derrière il faut qu’il y ait certaines choses essentielles comme la tolérance, la bienveillance. On essaye surtout de leur apprendre à débattre plutôt que d’imposer un point de vue. » Les débats portent sur de sujets qu’ils choisissent, qui les intéresse et le dialogue est souvent ouvert : « Les enfants sont majoritairement très intelligents et peuvent eux-mêmes contredire leurs amis. »

La journaliste Hélène Corbie anime elle aussi des ateliers d’éducation aux médias. Pour elle, enseigner la liberté d’expression à l’école est important car cela permet de montrer aux élèves que les professeurs, comme les journalistes, ne véhiculent pas leurs idées personnelles à travers leurs propos : « J’ai eu des enfants de 10 ans qui estimaient que le professeur n’avait pas à montrer des caricatures, que l’école n’était pas le lieu pour ce genre de chose. J’ai eu beau expliquer que c’était dans le cadre d’un cours d’éducation morale et civique sur la liberté d’expression, pour certains ça ne va pas de soi. J’estime, surtout en ce moment, que des enfants éveillés à des sujets de liberté d’expression, feront des citoyens éclairés. » Mais dans le contexte très tendu depuis la mort de Samuel Paty, l’enseignement sur la liberté d’expression va continuer à faire couler beaucoup d’encre. La diffusion dans les lycées d’un livre reprenant les caricatures qui ont marqué l’histoire de la presse par le ministère de l’éducation nationale n’a ainsi pas été au gout de tout le monde. Marie-Anne Denis, directrice générale de Milan presse, regrette dans une tribune publiée dans La Croix que cette éducation ne se résume qu’aux seules caricatures.

 L’articulation n’est pas facile. On ne comprend pas très bien pourquoi vous commencez par cette présentation un peu formelle du CLEMI que vous ne citez plus ensuite et qui ne nous aide pas à rentrer dans votre récit, qui devient ensuite très fluide.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.