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SheDecides : une Française s’engage pour les droits des femmes

Représentante française du mouvement She Decides contre l’offensive de Trump sur le droit des femmes à disposer de leur corps, Marie-Charlotte Garin continue son combat malgré la situation sanitaire.

A la veille des élections présidentielles américaines, et alors que Donald Trump a nommé à la Cour Suprême Amy Coney Barrett, opposée au droit à l’avortement, le mouvement She Decides (« elle décide ») est plus que jamais d’actualité. Et pour cause : il défend  « un monde où chaque fille et chaque femme peut décider librement pour son corps, sa vie, et son avenir. Sans en répondre ». She Decides nait en 2017 alors que Donald Trump rétablit le global gag rule. Ce décret coupant tous les financements d’État aux ONG étrangères militant ou sensibilisant à l’avortement fut mis en place en 1984 par Donald Reagan puis abrogé à chaque présidence démocrate. La ministre néerlandaise ministre du Commerce extérieur et de la Coopération pour le développement, Lilianne Ploumen, rapidement soutenu par la Suède, la Belgique et le Danemark annonce alors la création d’un fond international participatif : She Decides.

Dirigé par un conseil composé d’activistes des cinq continents et She Decides est soutenu par des « champion·ne·s » représentant des pays et des organisations du monde entier, comme Elisabeth Moreno, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes en France, ou Sonali Silva, activiste très influente sur les réseaux sociaux au Sri Lanka. Cette dernière fait également parti des vingt-cinq personnes âgées de vingt-cinq ans retenues pour représenter la « Génération de l’égalité ». Parmi elles, seules deux Européennes dont la Française Marie-Charlotte Garin.

La « Génération de l’égalité »

Ces « 25×25 Jeunes Leaders », le nom donné au groupe, viennent de vingt-pays différents. Un chiffre symbolique, puisqu’en 2020 le plan adopté à Pékin lors de la Conférence mondiale sur les femmes, ratifié par 189 pays, fête ses vingt-cinq ans. L’occasion de faire le bilan pour Marie-Charlotte Garin et ses collègues : « Normalement tous les cinq ans les Etats doivent rendre des rapports qui montrent comment ils ont avancé sur les objectifs définis. Or on constate des manquements pour tous les pays, notamment sur l’avortement. Les progrès restent faibles. Il faudrait être contraignant, ce qui est très compliqué quand autant de pays sont concernés. »

Marie-Charlotte Garin

Après des études à Sciences Po, un poste au sein d’Humanité et Inclusion, (anciennement Handicap International) pour une mission soutenant les femmes et les filles handicapées à travers l’Afrique lui permet de découvrir She Decides. Une rencontre au Kenya avec une représentante de la génération précédente (la « Génération du changement ») l’encourage à s’investir : « Comme j’allais avoir 25 ans, et que j’étais déjà engagée de par mon métier et mes actions militantes, j’ai candidaté et j’ai été sélectionnée. »

Militer en pleine pandémie

Les missions de la Lyonnaise et son équipe sont multiples, tout comme leurs profils. « Nous sommes originaires de pays différents, avec des engagements militants très variés. On reçoit tou·te·s des subventions pour mener des actions, la seule obligation c’est de récolter les histoires et les voix de nos communautés. » Un objectif un peu reporté, puisque la crise sanitaire ne leur permet plus d’aller à la rencontre de leurs concitoyen×nes. Mais le confinement de presque toute la planète leur a permis de créer du contenu en ligne, qui n’aurait pas vu le jour autrement. Une campagne en ligne pendant le confinement « pas facile à gérer » explique-t-elle, les situations selon les pays étant diverses. Elle est par exemple la co-autrice d’un article avec Memory Zonde-Kachambwa, présidente de l’organisation FEMNET qui coordonne beaucoup des associations féministes africaines, pour alerter sur l’impact particulier des crises – économiques, écologiques ou sanitaires – sur les droits des femmes.

Le point culminant du travail de ces « Jeunes Leaders » aurait dû avoir lieu en juillet dernier, avec l’organisation du forum Génération Égalité à Paris. La France est la co-organisatrice avec le Mexique de cet évènement reporté à l’été 2021. Pour la Française de la troupe, son pays souvent vu comme un exemple sur la scène internationale a encore des progrès à faire pour œuvrer pour la santé sexuelle et reproductive des femmes du monde entier : « La France se veut féministe dans sa diplomatie mais il faut déjà bien faire chez soi, que ce soit les questions de violence faites aux femmes, de santé sexuelle et reproductive comme l’accès à l’avortement, l’absence de violences gynécologiques et obstétriques. Elle peut également mieux appliquer la convention d’Istanbul, et faire du lobby auprès des autres états pour qu’ils la ratifient. Mais la solidarité féministe internationale ne passe pas par les États, mais par la société civile. »

Éline Roy

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.